Erwan Ledoux

Post-Doc

Group for Neural Theory
École Normale Supérieure
29, rue d'Ulm
Paris, 75005, FRANCE

lawanledoux@gmail.com

Curriculum Vitae

2013-now E.N.S. Paris Group For Neural Theory Post-Doc with Sophie Denève
2011-2013 Université Paris Descartes Neurophysiology and New Microscopies Laboratory Teacher and research assistant in the Valentina Emiliani Lab
2007-2011 Université Paris Descartes Laboratory of Neurophysics and Physiology Master Thesis and PhD with Nicolas Brunel
2004-2007 E.N.S. Paris BA/MA Biology and BA Physics
2002-2004 Lycée Henri IV Paris Classes préparatoires




En distraction :
" Nous ne voyons pas les choses mêmes ; nous nous bornons, le plus souvent, à lire des étiquettes collées sur elles. Cette tendance, issue du besoin, s'est encore accentuée sous l'influence du langage. Car les mots (à l'exception des noms propres) désignent des genres. Le mot, qui ne note de la chose que sa fonction la plus commune et son aspect banal, s'insinue entre elle et nous [...]. Et ce ne sont pas seulement les objets extérieurs, ce sont aussi nos propres états d'âme qui se dérobent à nous dans ce qu'ils ont d'intime, de personnel, d'originalement vécu. Quand nous éprouvons de l'amour ou de la haine, quand nous nous sentons joyeux ou tristes, est-ce bien notre sentiment lui-même qui arrive à notre conscience avec les mille nuances fugitives et les mille résonances profondes qui en font quelque chose d'absolument nôtre ? Nous serions alors tous romanciers, tous poètes, tous musiciens. Mais, le plus souvent, nous n'apercevons de notre état d'âme que son déploiement extérieur. Nous ne saisissons de nos sentiments que leur aspect impersonnel, celui que le langage a pu noter une fois pour toutes parce qu'il est à peu près le même dans les mêmes conditions, pour tous les hommes. Ainsi, jusque dans notre propre individu, l'individualité nous échappe. Nous nous mouvons parmi des généralités et des symboles, comme en un champ clos où notre force se mesure utilement avec d'autres forces ; et, fascinés par l'action, attirés par elle, pour notre plus grand bien, sur le terrain qu'elle s'est choisie, nous vivons dans une zone mitoyenne entre les choses et nous, extérieurement aux choses, extérieurement aussi à nous-mêmes. "

Henri Bergson, Le rire, le langage et la simplification du monde.